Chaise noire, 2012 

Chaise noire, 2012 

 

Ma recherche se situe dans un espace que je nomme Image bruit : où l’image n’est pas celle que l’on voit mais celle que l’on visualise pour soi. Autrement dit : une image n’existe que si elle est - ou a été - enregistrée, donc mémorisée.

Il y a quelques années, psychanalyse et reprise d’études en cinéma se sont rejointes en un point de ma vie. Alors que je travaillais à faire ressurgir des souvenirs enfouis, j’assimilais en simultané les techniques de diffusion du signal vidéo. Cette association libre a provoqué mon questionnement au sujet de la trace mémorielle et la définition (dans le sens de sa résolution) de l’image. Qu’y a-t-il entre l’instant vécu, ingesté, et remémoré ? Entre la donnée originale, celle perturbée par la sauvegarde et celle déformée de sa projection ? Les parts que notre inconscient nous dérobe.

En appliquant cette même logique analytique, j’interroge la valeur ajoutée à une image dont j’enlève délibérément de son information. En manipulant les nombreux codecs des formats haute et basse résolutions qui nous entourent, je détourne les outils informatiques d'encodage habituellement utilisés en post-production pour exacerber ce qu'une image tente de dissimuler : son imperfection. Ce n'est pas tant ce qu'une photo nous montre que le traitement parfois accidentel de sa reproduction qui est le sujet de mes préoccupations. Et le pixel, remplaçant le point, sera mon révélateur.

Les résultats de mes travaux à l’approche ouvertement picturale sont des abstractions qui subliment cet espace indéfini, ce fameux bruit, entre l'image et sa perception.